PréfaceLe titre seul de l’ouvrage que nous offrons aujourd’hui au public indique suffisamment le but que nous nous sommes proposé en l’écrivant et l’esprit éminemment pratique qui a présidé à sa rédaction. Réunir dans le plus commode des cadres, celui d’un Dictionnaire, et sous la forme la plus simple, la plus favorable aux recherches, c’est-à-dire la forme alphabétique, la connaissance exacte de tous les intérêts et de tous les devoirs de la vie ; mettre à la portée de tout le monde toutes les notions usuelles, tous les renseignements utiles dont on a journellement besoin, indiquer à chacun d’une manière claire, exacte et précise, ce qu’il peut, ce qu’il doit faire dans toute espèce de circonstances ; épargner les pertes de temps en prévenant les incertitudes, les démarches inutiles, les embarras de tout genre ; répondre aux mille questions qu’on se pose tous les jours et qu’on adresse souvent à dix personnes sans pouvoir obtenir une solution satisfaisante ; fournir enfin à chacun un guide sûr et fidèle qui le mette en état de faire ses affaires soi-même et de résoudre, sans autre peine que celle d’ouvrir un livre, toutes les difficultés qu’on rencontre dans le cours ordinaire de la vie, tels sont en peu de mots les avantages attachés à cette nouvelle publication et qui peuvent la recommander à l’attention de toutes les classes de la société. Propriétaire ou simple locataire d’une maison de ville ou de campagne, d’un appartement, d’une ferme, d’un bois, on a souvent à rédiger ou à signer un bail sous seings privés, à donner des quittances, à demander des réparations, à faire constater un délit forestier ou un délit de chasse ; mais la plupart du temps on ignore la manière de procéder dans ces diverses circonstances, la forme dans laquelle les actes doivent être rédigés, les obligations qu’ils imposent, les formalités qu’ils exigent, les frais qu’ils peuvent entraîner. Veut-on obtenir une concession d’eau, une concession de mines ; s’assurer la propriété d’une œuvre littéraire ou artistique, prendre un brevet d’invention, se faire délivrer un permis de chasse ? On se demande souvent à qui il faut s’adresser et dans quelle forme. — S’agit-il d’une déclaration de naissance ou de décès, d’une célébration de mariage, d’un engagement militaire, d’un placement de fonds, de la constatation d’un incendie ? Nouvelles obligations, nouvelles formalités, nouvelles démarches également embarrassantes. Un père de famille est indécis sur le choix d’une carrière, d’une profession pour son fils, il en ignore les conditions, ainsi que les avantages ou les inconvénients qui y sont attachés. Une mère de famille désire connaître quels sont pour ses jeunes enfants les soins d’hygiène les plus simples et les meilleurs ; quels sont les moyens qui peuvent rendre plus faciles l’ordre et l’économie du ménage, et contribuer au bien-être domestique. — On veut savoir à quoi obligent les devoirs religieux, les devoirs de société, les règles du savoir-vivre, et, dans un autre ordre d’idées, quels sont les meilleurs procédés de chasse et de pêche, quelles sont les meilleures recettes de cuisine et d’office. Pour trouver une réponse à ces questions et à beaucoup d’autres semblables, il fallait jusqu’ici se procurer des ouvrages spéciaux et souvent coûteux, consulter une foule de documents qu’on n’a pas sous la main, ou chercher au loin les conseils des hommes expérimentés. Notre Dictionnaire a pour objet de répondre sur toutes choses à tout le monde. Propriétaires, commerçants, industriels, agriculteurs, ménagères, pères de famille, tuteurs, maîtres ou domestiques ; patrons, ouvriers et apprentis ; électeurs, fonctionnaires, maires ou conseillers municipaux, tous, dans toutes les conditions de la vie, pourront avoir auprès d’eux comme un guide universel dans ce vaste répertoire d’indications sûres et précises. Nous avons fait tous nos efforts pour que toute espèce de renseignements usuels, toute notion pratique de quelque importance trouvât sa place dans notre livre. Religion, droit et législation ; administration, finances, assurances et tontines ; industrie et commerce ; agriculture, horticulture et sylviculture ; médecine, hygiène et art vétérinaire ; économie domestique et rurale ; méthodes d’enseignement, exercices du corps, jeux de toutes sortes, etc., nous avons abordé toutes ces matières au point de vue purement pratique, dans tout ce qui peut intéresser chacun, à Paris ou dans les départements, à la ville comme à la campagne. Le plan que nous nous sommes tracé ne nous permettait, on le comprend bien, d’entrer dans aucune exposition théorique. Nulle part nous ne donnons ni définition, ni description scientifique. Nous supposons que le lecteur qui ouvre notre Dictionnaire possède déjà une connaissance générale de la chose qui fait l’objet de ses recherches, et nous n’avons d’autre but que de l’éclairer sur l’emploi qu’il peut faire de cette chose, sur les avantages ou les inconvénients qu’elle présente. En un mot, nous nous bornons à régler la pratique, à indiquer les formules obligées, les procédés les plus usuels, les méthodes les meilleures et le plus généralement applicables. Pour tout le reste nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer à l’excellent Dictionnaire des Sciences, des Lettres et des Arts de M. Bouillet, dont le présent Dictionnaire est comme le développement et le complément nécessaire. Le Dictionnaire des Sciences, ouvrage véritablement classique, satisfait à ce besoin légitime qu’éprouve tout esprit cultivé de connaître les êtres et les choses qui l’entourent ; il s’adresse à la curiosité intelligente du public. Le Dictionnaire de la Vie pratique répond aux besoins de chaque jour ; il apprend à chacun les moyens de satisfaire à toutes les exigences de la vie, à tous les devoirs de la société. Une des grandes difficultés de notre travail était la mesure à apporter dans les notions que renferme ce livre. Ainsi pour la médecine, par exemple, nous avons dû réunir avec le soin le plus attentif toutes les indications concernant les soins à donner à l’enfance, à la vieillesse, aux convalescents, les précautions d’hygiène et les moyens du domaine de la médecine domestique qui peuvent arrêter à son début une indisposition légère et l’empêcher de dégénérer en une maladie grave. Mais nous avons dû éviter en même temps avec autant de soin d’exposer des notions scientifiques sur les causes et les symptômes des maladies et d’indiquer la nature des remèdes que la science seule peut appliquer. Il y aurait eu là un grave danger, et nous nous sommes toujours prudemment arrêté au point précis où les conseils et les soins du médecin deviennent utiles ou indispensables. En matière de droit, nous avons cherché à éclairer chacun sur ses intérêts, soit qu’il ait un procès à poursuivre ou à soutenir, une succession à recevoir ou à réclamer, soit qu’il doive rédiger un testament, une donation, un acte sous seings privés, etc. ; mais nous avons dû nous abstenir de tout ce qui est purement du ressort de l’avoué, du notaire, de l’officier ministériel ou du fonctionnaire public. Si nous sommes entré quelquefois dans des détails qui paraissent dépasser ces limites, c’est afin d’avertir le public des conséquences auxquelles pourrait l’entraîner une action ou une procédure dangereuse ou coûteuse, et de le mettre en garde contre des conseils imprudents ou intéressés. Telles sont, dans toutes les divisions du savoir pratique, les règles dont nous nous sommes fait une loi de ne pas nous départir. Nous aurons atteint le but que nous nous sommes proposé si, voulant s’éclairer sur ce qu’il y a de mieux à faire dans une circonstance quelconque, le lecteur, en ouvrant le livre, trouve à l’instant même le renseignement dont il a besoin. Malgré l’étendue de son plan et l’importance des matières qui y sont traitées, le Dictionnaire universel de la Vie pratique ne forme qu’un volume ; mais ce volume, avec ses deux mille pages, nous a permis d’être complet. Il était difficile, pour ne pas dire impossible, qu’une seule personne réunît les connaissances nécessaires pour mener à bien un travail si considérable et composé de matières si diverses. Nous réservant, avec la direction générale de l’ouvrage, les parties qui nous étaient plus particulièrement familières, nous avons dû demander la collaboration d’hommes spéciaux que leurs travaux, leurs études ou leurs fonctions désignaient à notre choix. M. l’abbé Fabre, du clergé de Paris, a bien voulu se charger de la rédaction des articles de religion. Dans une matière si délicate, c’était pour nous et ce sera pour le public la garantie que nous sommes resté parfaitement orthodoxe. Le droit et la législation, qui occupent une large place dans notre Dictionnaire, ont été confiés à M. Grün, chef de section aux archives de l’Empire, collaborateur de M. Dalloz et ancien rédacteur en chef du Moniteur universel : ce travail ne pouvait être accompli par un homme d’un sens plus droit, d’un esprit plus sage, d’une expérience plus pratique. Les articles de chasse et de pêche ont été écrits par deux maîtres habiles, MM. Joseph la Vallée et Guillemard. Enfin l’horticulture, l’agriculture, la sylviculture, la médecine domestique et vétérinaire, l’économie rurale, etc., ont été traitées par des praticiens estimés du public. Quant à nous, nous nous étions réservé, outre tout ce qui concerne l’enseignement ainsi que les exercices du corps et les jeux, une grande partie de l’économie domestique, le savoir-vivre, la conduite dans la vie, l’hygiène des enfants, etc. Mais ce n’était pas là la partie la plus difficile et la plus délicate de notre tâche. Ce qui a été surtout l’objet de nos préoccupations et de nos soins, ç’a été de coordonner tout le travail, de réviser tous les articles de nos collaborateurs afin de les mettre d’accord et d’établir entre eux de justes proportions. Il fallait réparer les omissions, modifier certains articles soit pour le fond, soit pour la forme, éviter les répétitions, les doubles emplois, les faux renvois, en un mot assurer l’unité et l’harmonie. Dans ce travail incessant et rempli de difficultés, et qui demandait une grande expérience, nous avons été très-utilement secondé par M. Alph. Legouëz, professeur au lycée Bonaparte (lycée Fontanes), qui, en prêtant pendant plusieurs années son concours assidu à M. Bouillet pour la rédaction et la révision de ses deux Dictionnaires, avait acquis une habitude spéciale de ce genre de travail. Tout en partageant avec nous la surveillance générale de l’ouvrage, il a largement coopéré à la rédaction. Nous sommes heureux de lui donner ici un témoignage public de notre gratitude pour le zèle et le dévouement dont il a fait preuve à notre égard. Paris, le 11 mars 1859. AVIS DE L’AUTEUR SUR LA CINQUIÈME ÉDITIONLe bienveillant accueil fait par le public aux précédentes éditions du Dictionnaire universel de la Vie pratique nous imposait le devoir de perfectionner notre œuvre. A chaque nouveau tirage, nous avons pu corriger quelques erreurs, réparer des omissions, modifier un certain nombre d’articles dont les indications n’étaient plus exactes. La cinquième édition que nous donnons aujourd’hui a été révisée avec le même soin, mais en nécessitant un travail plus considérable par suite des événements politiques survenus depuis les dernières années. M. A. Legouëz, qui nous avait prêté son concours pour les éditions précédentes, nous a encore très-utilement secondé dans ce nouveau travail de révision et de rédaction. C’est pour nous un devoir de lui témoigner ici toute notre reconnaissance. Le Supplément qui fait suite au Dictionnaire a pour objet de tenir le lecteur au courant soit des procédés nouveaux dont l’utilité pratique a été confirmée par l’expérience, soit des changements récemment introduits dans la législation et dans les différentes parties de l’administration publique. Ce supplément, ajouté à la deuxième édition, et augmenté dans la troisième et la quatrième, l’a été encore dans la présente édition. Malgré tous les soins dont cet ouvrage a été l’objet, il laissera sans doute quelque chose à désirer. Nous ne cesserons pas de le perfectionner, et, pour mieux atteindre ce but, nous faisons un appel au concours bienveillant de nos lecteurs. Nous accepterons avec reconnaissance les renseignements et les observations qui nous seront adressés et qui pourront contribuer à l’amélioration de notre livre. G. BELEZE. A - B - C - D - E - F - G - H - I - J - K - L - M - N - O - P - Q - R - S - T - U - V - W - X - Y - Z
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